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Les ‘cultes à mystères’ (mystèria, teletai, orgia, etc.) et leurs acteurs spécialisés

dans « CHRONOS : Chronologies des évolutions religieuses : formes religieuses, pratiques et agents cultuels (IIe siècle av.-Ier s. de notre ère) »

Responsables

Nicole Belayche (EPHE)
Francesco Massa (Genève ; ANHIMA associé)

Participants

Louise Bruit (Paris 7), Dan Dana (CNRS), Renée Koch Piettre (EPHE), Thomas Galoppin (EPHE doctorant), Kevin Bouillot (EPHE doctorant), Daniela Bonanno (Palerme), Anne-Françoise Jaccottet (Genève), Vinciane Pirenne-Delforge (Liège)

Présentation

La question des « mystères » (mystèria, teletai, orgia, etc.) et de leurs acteurs spécialisés est depuis longtemps au nombre des débats interprétatifs sur la diffusion et généralisation de formes religieuses particulières. Pendant les trente dernières années, l’étude des cultes à mystères des mondes grec et romain a été largement renouvelée. En 1987, la publication de l’ouvrage de Walter Burkert, Ancient Mystery Cults, a assurément marqué un tournant dans l’histoire des études, en mettant un terme au modèle herméneutique des « religions à mystères » né au XIXe siècle et amplement utilisé dans les études de la Religionsgeschichtliche Schule allemande. Toutefois, l’approche phénoménologique de Burkert a désormais montré ses limites et l’analyse des « mystères » impose nécessairement une approche chronologique et géographique car ils ne constituent pas un type absolu. La réalité rituelle entendue derrière le terme mystèria (ou autres teletai) est rendue opaque du fait qu’il désigne, par nature, une cérémonie réservée et non dévoilée, et que l’emploi du terme va du rituel initiatique coulé dans le moule éleusinien jusqu’à tout type d’expérience de la divinité et de son pouvoir. À l’époque impériale, on constate une inflation de l’emploi d’une terminologie mystérique, aussi bien dans les textes littéraires et philosophiques que dans les témoignages épigraphiques, et pas seulement pour les honneurs rendus aux empereurs comme cela a déjà été étudié. Toutefois, la question de l’interprétation des mystères ne commence sans doute pas à l’époque romaine. L’enquête devra examiner si l’inflation du vocabulaire mystérique précède cette époque et si les témoignages d’époque hellénistique peuvent permettre aussi d’avancer sur la question de la définition des mystères.
L’enquête progressera en deux volets : un volet théorique et un volet historique, qui exigent d’être menés de front.
1. Le lexique :
Dans les témoignages antiques, nous rencontrons au moins trois termes (les plus fréquents) pour désigner ce qu’aujourd’hui nous appelons « mystères » : mystèria, teletai, orgia. Même si leur étymologie présente des nuances différentes, les trois termes sont utilisés de manière fluide dans les contextes religieux. L’analyse lexicale, menée sur les documents littéraires et épigraphiques, s’efforcera de clarifier les emplois, en prêtant attention aux pratiques discernables et aux particularités chronologiques et géographiques.
2. Les évolutions internes :
Notre enquête veut essayer de traquer les éventuelles évolutions internes des cultes à mystères. Pour ce faire, on reprendra un certain nombre de dossiers précis entre les IIe siècle avant et Ier siècle de notre ère (Éleusis aux, les mystères de Dionysos, de Samothrace, Andanie, etc.) afin d’éclairer la question d’une possible césure dans les évolutions des cultes à mystères dès l’époque hellénistique.

Projets réalisés

1. Atelier prospectif, Paris, INHA, les 24-25 janvier 2014 : présentation de la thématique
2. Journées d’étude à Paris les 24-25 novembre 2014, “Les ‘mystères’ de l’Antiquité grecque et romaine : retour sur le concept et les réalités” → voir le programme
3. Colloque international à Paris les 9-10 octobre 2015, “Comment figurer un ‘mystère’ ? Réponses antiques et éclairages comparés” → voir le programme et les résumés
4. 1er février 2017 : Atelier « Mystères en comparaison », 14h-18h, INHA, salle Vasari → voir le programme

Publications

1. Les « mystères » : questionner une catégorie, N. Belayche et F. Massa (éds.), Mètis. Anthropologie des mondes grecs anciens NS 14 (2016), p. 5-132 → en savoir plus

Rencontres à venir

• 12 septembre 2017 : Journée d’études, en collaboration avec l’Unité d’Histoire des religions de l’Université de Genève, « Les philosophes et les ‘mystères’ dans le monde romain », Fondation Hardt, Genève-Vandœuvre.
• Juin 2018 : Colloque international de clôture du programme de recherche : « Les mystères au IIe siècle de notre ère : un ‘mysteric’ turn ? »

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