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Archéologie, identités, patrimoine

> Participants

Responsables

Monique Dondin-Payre (CNRS)
Laurence Gillot (Paris 7)
Jean-Pierre Guilhembet (Paris 7)
Meriem Sebaï (Paris 1)

Membres ANHIMA

Claire Balandier (Univ. d’Avignon), Despina Chatzivasilious (Collège de France), Sylvia Estienne (ENS), Kaheld Marmouri, John Scheid (Collège de France), Jean-Pierre Vallat (Paris 7)

Doctorants

Mekki El Aoudi (Uni. Sfax)

Associés

O. Bouet, A. Cailleaud (INHA), S. Chauffour (INHA), M. Cohen, M. Denoyelle (INHA), H. Dridi (Uni. Neuchâtel), F. Queyroux (INHA), D. Laroque (ENSAPVS), A. Del (EVCAU, ENSAPVS), S. Khazindar (conseillère Patrimoine, Arabie Saoudite et architecte), J. Schlanger (EPHE), C. Tavernari (Abdullah Gül University).

Collaborateurs extérieurs

S. Aounallah (INP Tunis), M. Bacha (Intru), T. Belkahia (Uni. Tunis), L. Ben Abid (ISMP Tunis), H. Ben Romdhane (INP Tunis), H. Jaïdi (Uni. Tunis-Diraset), R. Kaabia (Uni. Sousse), S. Saint-Amans (Louvre)

> Présentation

Ce programme regroupe trois ensembles d’opérations :

1. L’ensemble le plus anciennement enraciné dans l’équipe "L’Afrique du nord antique, identités et représentations" (responsables : Dondin-Payre, Sebaï), a été profondément refondu grâce à l’occasion offerte par la mise à disposition de la bibliothèque et des archives de la famille Poinssot dont les membres sur trois générations œuvrèrent du milieu du XIXe s. à la fin du XXe s. dans les domaines de l’archéologie et de l’histoire de l’Afrique du nord.
L’exploitation, mise en œuvre dans le cadre d’une convention entre ANHIMA et l’INHA, vise à mettre en lumière la genèse et l’évolution de la perception européenne de l’Afrique antique, d’une part, de l’autre à collecter des informations jusque-là inédites sur les sites eux-mêmes. Dans le cadre du programme commun ANHIMA-l’INHA, “L’archéologie française en Afrique du Nord”, plusieurs journées d’études se sont tenues, dont les dernières les 28 et 29 mars 2014. Par ailleurs, tous les participants travaillent à la publication et à l’exploitation de sources archéologiques et manuscrites concernant l’Afrique du nord.
 

2. Un deuxième ensemble, “Archéologie, architecture et patrimoine, associe la pratique archéologique à la valorisation et à l’usage patrimonial et mémoriel des vestiges dans des contextes variés” (J.-P. Guilhembet, L. Gillot).
Les opérations prévues comportent, entre autres, la poursuite des travaux à l’oasis de Figuig (Maroc) – réalisation de la carte archéologique de l’oasis avec constitution d’un SIG, extension des recherches à de nouveaux sites, enquêtes sur la constitution de la mémoire locale – et un projet de mise en valeur de la cité gréco-romaine d’Olbia (Hyères) : réalisation de maquettes numériques, élaboration de circuits de visite (collaboration entre le service archéologique du site, la municipalité de Hyères, et le laboratoire EVCAU de l’ENSAPVS). Parallèlement, les recherches portent sur la transmission et la réception de l’héritage antique, architectural et archéologique en particulier, ainsi que sur les processus de patrimonialisation dans le bassin méditerranéen.
 

3. “Inventaire des lieux de culte de la Tunisie Antique” (ILCTA) (responsables : J. Scheid, M. Dondin-Payre, Meriem Sebaï)
Le projet d’inventaire des lieux de culte de la Tunisie antique se situe dans le prolongement du projet “Fana Templa Delubra” dirigé par John Scheid. Cet inventaire a pour objectif de constituer un outil de travail permettant d’englober l’ensemble d’une documentation éparpillée pour aboutir à une vision synthétique des systèmes religieux de l’Afrique antique sur la longue durée, de l’époque préromaine à l’époque tardive.
Cet inventaire se constitue actuellement à partir des dossiers disponibles dans les archives et dans la bibliothèque Poinssot et se nourrit des recherches archéologiques en cours au Maghreb. La fourchette chronologique envisagée pour l’Afrique, du VIIIe siècle av. J.-C. au VIIe siècle ap. J.-C., donne lieu à des questionnements dépassant le simple cadre d’une province romaine et permet de s’interroger sur les problèmes de définition d’un lieu de culte, sur son identification ainsi que sur son implantation topographique dans la longue durée. Ce volet est l’objet d’une collaboration institutionnelle avec le laboratoire « Histoire des économies et des sociétés méditerranéennes » de l’Université de Tunis, le Centre d’anthropologie de l’université de Sousse, l’Institut National du Patrimoine de Tunis et l’Université de Neuchâtel.

> Publications

– Dondin-Payre M., avec L. Bonato, (2014), « C’est du plus magnifique café du monde que je t’écris », l’architecte Edmond Duthoit au Levant et en Afrique du nord au XIXe s. Lettres et dessins inédits, Paris, Geuthner.

– Dondin-Payre M. (2013), « Jules Toutain et Stéphane Gsell à l’École française de Rome (1886-1891) : une étape décisive pour l’étude du Maghreb », dans Gras M., Poncet O. (dir.), Construire l’institution. L’École française de Rome, 1873-1895, nouvelle édition [en ligne], Rome. Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/efr/2616>

– Gillot L., Del A. et Cohen M. (2012), Patrimoine et développement local : pratiques institutionnelles et pratiques sociales, Actes du symposium scientifique de la 17e Assemblée générale de l’ICOMOS, Paris.

– Gillot L., Del A. (2012), « Preparation and Submission of the nomination File of the Oasis of Figuig (Morocco) for inscription on the WHL : impacts and uses of a GIS », Geoinformatics 6, 2012, p. 140-149.

– Gillot L. et al. (2012), Rapport d’activités : les fouilles archéologiques du qsar des Ouled Jaber, Figuig, Maroc (2010-2012), Paris, Université Paris 7.

– Sebaï M. (2013), « Stéréotypes contemporains, stéréotypes antiques : les images saturniennes dans la constitution des identités religieuses africaines sur quelques stèles d’Afrique romaine », H. Ménard, R. Plana-Mallart( éd.), Contacts de cultures, constructions identitaires et stéréotypes dans l’espace méditerranéen antique, Montpellier, p. 129-141.

– J.-P. Vallat (éd.), Le patrimoine marocain : Figuig, une oasis au cœur des cultures, L’Harmattan, Paris, 2014.

> Projets réalisés

→ Intégration d’ouvrages rares numérisés de la bibliothèque Poinssot dans l’outil de gestion et de diffusion documentaires de l’INHA AGHORA : http://www.purl.org/inha/agorha/001/35

→ « Autour du Fonds Poinssot. Lumières sur l’archéologie tunisienne (1870-1980) », (INHA, 28 et 29 mars 2014), journées d’études communes ANHIMA-INHA ; interventions notamment de M. Dondin-Payre, L. Gillot, K. Marmouri, M. Sebaï.

→ Le carnet de recherches commun ANHIMA-INHA « Fonds Poinssot. Un siècle d’archéologie française en Afrique du Nord » présente les recherches en cours sur le fonds Poinssot, ainsi que diverses mises au point sur des sujets pointus, exposées dans des billets.

> Projets futurs

– J.-P. Vallat (éd.), Le patrimoine marocain : Figuig, une oasis au cœur des cultures, L’Harmattan, Paris, 2014.

– Journée internationale pluridisciplinaire, « L’oasis de Figuig : culture matérielle et immatérielle », 20 juin 2014, Université Paris Diderot :
présentation du livre, exposition à la bibliothèque des Grands Moulins, présentation du film d’Alain Monclin (Paris 7), débat sur le rôle de la fondation Paris Diderot, de l’Unesco, des autorités marocaines, enjeux culturels, territoriaux, économiques et sociaux, concert et buffet marocains.

– « Heritage-Scapes. Paysages patrimoniaux », numéro thématique de la revue Ethnologies, sous presse, à paraître en juin 2014 : en relation avec le colloque « Shaping Heritage-Scapes : processes of patrimonialization in a globalised World » : International symposium, University of Lausanne, August 27- 28, 2012 (en collaboration avec l’Université de Lausanne)

– Préparation d’un numéro thématique de la revue Ethnologies (2014) en relation avec le Colloque « Shaping Heritage-Scapes : processes of patrimonialization in a globalised World » : International symposium, University of Lausanne, August 27- 28, 2012 : colloque en collaboration avec l’Université de Lausanne.

– Préparation d’une base de données « Hommages et Réseaux dans le Fonds Poinssot » (resp. M. Sebaï).

– H. Dridi, M. Sebaï, (éds.), Écrire l’Antiquité : expériences d’Afrique et d’ailleurs, Cahiers de Tunisie, Tunis 2015 (en cours de publication).

– M. Dondin-Payre, H. Jaïdi, S. Saint-Amans, M. Sebaï, Autour du fonds Poinssot. Lumières sur l’archéologie tunisienne (1870-1980), Les collections électroniques INHA, 2015 (en cours de publication).

– Intégration des lieux de culte de la Tunisie dans la Base de données du Collège de France FTD.

– Préparation d’un fascicule de l’Inventaire des lieux de culte de la Tunisie : Thuburbo Maius et sa région, Open Edition.

> Perspectives

→ Le projet “L’Afrique du nord antique, identités et représentations” développe plusieurs axes d’investigation et de collaboration par l’extension à de nouvelles sources documentaires notamment différents types de sources non publiées : les archives de fouilles, les correspondances entre les responsables d’institutions archéologiques et archéologues amateurs. Le Fonds Poinssot, riche en informations historiques et historiographiques sur la Tunisie antique et beylicale, permet de mener des collaborations multiples avec des institutions tunisiennes en charge de la recherche ; des conventions sont actuellement mises en place avec différentes universités tunisiennes.
 

→ Dans le cadre du programme “Archéologie, architecture et patrimoine”, outre la poursuite des investigations archéologiques, la préparation d’un SIG patrimonial et la production de documentation scientifique sur l’histoire longue du peuplement de l’oasis de Figuig, l’équipe assure le suivi de la candidature de Figuig au classement du patrimoine de l’humanité de l’Unesco. Les travaux des chercheurs associés se poursuivent également sur d’autres terrains et objets (socio-histoire de l’archéologie, processus de patrimonialisation, histoire et héritages urbains, histoire de l’architecture).
Une filmographie qui présente, de manière synthétique, les étapes passées, présentes et futures de ce projet de classement de Figuig au patrimoine de l’humanité, est disponible en ligne :
"Figuig, labyrinthe de terre et d’eau" (réalisation Alain Monclin)
"Révélations d’un manuscrit" (réalisation Alain Monclin)
"Figuig carrefour des cultures » (réalisation Alain Monclin)
 

→ Le comité scientifique du projet « Inventaire des lieux de culte de la Tunisie antique » a entamé la rédaction des fiches d’inventaire, il s’est donné pour mission d’assurer le suivi documentaire dans les archives françaises et tunisiennes et sur le terrain ; actuellement, il prévoit la publication d’un fascicule sur Thuburbo Maius.
 

→ Dans le cadre du du programme “Archéologie, architecture et patrimoine” et du projet de mise en valeur d’Olbia (Hyères), une équipe composée d’O. Bouet (EVCAU), A. Del (EVCAU) et J. Schoevaert (docteur, ANHIMA) utilisera un scanner laser à balayage 3D. Cet appareil, mis à disposition d’ANHIMA par l’Université Paris-Diderot, permet d’établir rapidement un nuage de points à l’intérieur duquel on peut procéder à un ensemble de mesures métriques, de façon directe, hors du site.

Le programme d’utilisation de cette technologie comporte deux axes complémentaires :

1) des usages « classiques » (au sens de conformes à des réalisations déjà effectuées) : modélisation et restitution de bâtiments, suivi de fouilles… Sur le site d’Olbia, les modélisations viseront à accompagner les démarches muséographiques du site et à compléter les relevés archéologiques déjà réalisés. Les relevés réalisés jusqu’à présent ont utilisé des techniques manuelles, la télémétrie laser ou la tachéométrie. Ils sont partiels et se sont peu préoccupés des élévations sur les restes existants.

Le scanner laser à balayage et la suite logicielle qui l’accompagne sont l’outil idéal pour effectuer des relevés globaux, constituer la mémoire numérique quasi exhaustive des parties fouillées ou encore debout. Cela permet ensuite de réaliser toute mesure nécessaire non plus sur le terrain mais au bureau, d’effectuer des relevés « pierre à pierre » hors site ou d’établir des unités stratigraphiques construites dans le cadre de problématiques d’archéologie du bâti.

Ces relevés exhaustifs seront effectués sur les thermes romains au nord-est du site, sur les vestiges de l’abbaye de St-Pierre de l’Almanarre (à proximité immédiate des thermes) et sur les restes de l’enceinte. Ils pourront aussi être la base de maquettes numériques partageables entre chercheurs et de reconstructions numériques ou de visites virtuelles destinées au public (grâce aux logiciels TrueView ou Cloudworks et 3Dsmax), et le support de documents interactifs « avant visite » mis en ligne.

2) des usages « innovants » (répondant à une problématique de recherche) : est ainsi envisagé un test de mise en concurrence de trois protocoles de numérisation et de mesures géométriques de tables romaines de mesures (mensae ponderariae) : lasergrammétrie, photogrammétrie classique, photogrammétrie à corrélation épipolaire dense.

Ces objets (une centaine d’exemplaires conservés) sont encore peu étudiés. La technologie employée permettrait de disposer d’une méthode homogène de calcul précis du volume de cavités dont les formes sont non-géométriques et aiderait à comprendre les modalités concrètes d’utilisation de ces tables, dont beaucoup sont munies de gâches sur leur face supérieure, pouvant permettre la fixation d’éléments métalliques et dont certaines ont des cavités piquetées. Le rôle des godets métalliques qui devaient s’y encastrer serait ainsi éclairé. Enfin, les résultats obtenus pourraient être introduits dans un SIG (position et diffusion dans l’empire romain).

Le bilan des premières expérimentations donnera lieu à une demi-journée de présentation début 2015.

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