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Journée d’études "Le spectacle de la nature : regards grecs et romains"

Journée organisée par François Lissarrague (EHESS), Emmanuelle Valette (Paris 7), Stéphanie Wyler (Paris 7)
 
Samedi 18 octobre 2014 de 9h à 18h
Salle Vasari, INHA
 
Cette journée d’étude marque le point de départ d’un nouveau programme d’ANHIMA, « Anthropologie et histoire comparée des images et du regard », programme qui s’articule autour de deux axes, « Nature et paysage » et « Le spectaculaire : anthropologie du visuel dans les mondes anciens ».
 
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Quel regard les Anciens portaient-ils sur la nature ? Qu’y voyaient-ils ? Qu’en représentent-ils et pourquoi ? Enfin, dans quelle mesure et dans quel contexte la nature et le paysage peuvent-ils "faire spectacle" en Grèce et à Rome ?
En effet, si les éléments de nature (arbres, rochers, rivières…) sont bien représentés dans l’art grec comme dans l’art romain, si les textes poétiques et philosophiques comportent de nombreuses descriptions et discours sur la nature (phusis, natura), le regard que portaient les Anciens sur la nature comme un ensemble cohérent, qui fait sens, qui marque une identité ou qui provoque une émotion, ne va pas de soi. La question du paysage dans l’Antiquité a fait l’objet de plusieurs travaux récents (par ex. Rouveret 2004, Couëlle 2005, Luccioni 2006, Baridon 2006, Spencer 2010), après avoir été négligée par l’historiographie, qui a longtemps considéré que la conception consciente du rapport à l’environnement était née à la Renaissance, l’Antiquité et le Moyen-Âge n’ayant créé que des « proto-paysages » ou des « paysages premiers ». Or, les représentations de la nature et le regard que les Anciens portent sur elle témoignent au contraire d’une attention bien réelle, mais très différente des visions issues du romantisme. Ce sont ces écarts qui justifient qu’elles aient été pendant longtemps mal comprises ou même niées. Et ce sont eux qui, aujourd’hui, ouvrent des perspectives anthropologiques particulièrement riches. Les études sur les « paysages sacrés » (Scheid-Polignac 2010), conçus comme un « ensemble de signes, de repères, [qui] forme ce qu’on appelle désormais un paysage religieux, entendu à la fois dans sa matérialité visible et métaphoriquement comme le spectre d’identités religieuses multiples et négociées » (Scheid-Polignac 2010, p. 430-1), en proposent une approche spécifique aux sanctuaires.

Le questionnement portera, pour cette journée, sur un cadre chronologique volontairement étendu, de la Grèce archaïque au monde romain tardif, et sur un corpus de textes et d’images très varié, pour mettre à l’épreuve la notion même de "paysage" dans l’Antiquité et pour tenter de saisir les enjeux propres à la fabrication d’un "cadre" de représentation ou d’un "lieu", perçu par le regard, dans une image ou dans un texte. Quels sont les enjeux esthétiques et symboliques de ces représentations ? Les stratégies de focalisation ? Que disent ces images et ces textes du rapport entretenu par les Anciens avec le(s) spectacle(s) de la nature ?

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