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JACOB Christian, CNRS-EHESS

Histoire comparée des pratiques et des traditions de savoir

Séminaire de M1-M2
 
"Vers une nouvelle histoire des savoirs : réflexivité, hybridation, universalité"
 
Le jeudi de 16h à 18h
Salle Mariette, INHA
 
À partir du 6 novembre 2014
 
La problématique des "lieux de savoir", déroulée depuis plusieurs années, a permis de déployer le champ d’une anthropologie historique et comparative où les savoirs humains, dans leur diversité, ont été étudiés dans leurs dynamiques spatiales et sociales, dans la gamme des gestes, des opérations et des artefacts qui les produisent, dans les procédures sociales qui en assurent la validation, la circulation et la transmission.
 
Le séminaire abordera cette année un nouveau volet de cette enquête : les configurations spatiales produites par les savoirs pratiqués dans une société et dans un moment historique donné. Trois grandes configurations seront explorées :
les savoirs de la réflexivité, lorsqu’une culture se donne elle-même comme objet d’étude, lorsque ses milieux savants adoptent une distance critique et réflexive pour étudier ses traditions, sa langue, son identité, ses valeurs et ses codes, sa bibliothèque de textes transmis. Nous étudierons ces procédures et ces positionnements dans la comparaison de deux champs culturels : Alexandrie à l’époque des Lagides, avec le travail mené dans la bibliothèque du Musée ; la tradition confucianiste dans la Chine impériale.
les savoirs de l’hybridation, lorsqu’une culture se met à l’école d’une autre, importe certains de ses savoirs et les acclimate dans un nouvel écosystème linguistique, intellectuel et idéologique. Nous explorerons les modalités des transferts culturels, des traductions et de la resémantisation, ainsi que le statut des passeurs humains et des vecteurs matériels : textes, cartes, outils. L’exploration de ces dynamiques et de ces dispositifs s’appuiera sur des exemples précis, comme les modalités du transfert de la cartographie et de la géographie antiques vers le monde arabe puis vers l’Italie des débuts de l’humanisme. On évoquera aussi le transfert de la philosophie française contemporaine (Derrida, Foucault, Ricoeur...) vers le monde anglo-saxon ;
les savoirs de l’universalité, lorsqu’une culture produit des connaissances qui ne sont plus ancrées dans son espace propre, mais ont vocation à être détachées de toutes les contingences de la localisation. Tel est l’un des paradigmes des sciences dans l’Europe moderne, fondées sur la mathématisation et la preuve expérimentale. Nous interrogerons aussi certains moments de l’histoire des sciences humaines occidentales, en particulier leur prétention à offrir des grilles de description et d’interprétation valables pour toutes les sociétés humaines, qu’il s’agisse de l’ethnographie, de la philologie, de l’histoire des religions.
 
Ces trois configurations seront considérées non comme les étapes d’une histoire téléologique des savoirs, mais comme des dynamiques qui peuvent coexister et interagir à un moment donné, et dessiner le paysage épistémologique (l’épistémé) particulier d’une époque et d’une société.
 
Cette enquête sera menée dans une double visée, théorique et empirique, tissant la lecture de travaux fondateurs (Michel Foucault) et des études de cas.
Elle s’inscrira aussi dans le travail collectif mené en vue de la réalisation du livre augmenté Places of Knowledge.

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