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"Figuration, représentation, « iconicité » : Images et objets dans le culte"

Atelier Paris-Chicago sur les religions anciennes

"Figuration, Representation, Iconicity : Images and implements in cult"
 
Lundi 15 et mardi 16 septembre 2014 de 9h à 18h
Salle Giorgio Vasari, Galerie Colbert
 
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Quelle était la fonction des objets figurés dans la pratique cultuelle ? Etait-elle différente de celle des objets non-figurés ? Certaines représentations, — celles sur les instruments, ou celles des divinités non-titulaires du sanctuaire, — avaient-elles un statut très différent de celui des représentations dites « cultuelles », celles que l’on promenait dans les processions, auxquelles on s’adressait dans les prières, auxquelles on faisait des offrandes ? Et que représentaient exactement ces images ?

Ces questions ont été centrales dans plusieurs domaines d’études. La recherche moderne se heurte néanmoins à deux difficultés. Tout d’abord, les affirmations d’ordre idéologique des Anciens concernant l’art religieux ont eu une énorme influence, d’autant plus pernicieuse qu’elles mettaient l’accent sur le fait que bien souvent les spectateurs prenaient, à tort, la statue pour la divinité représentée. Dans le même ordre d’idée, les pratiques cultuelles classiques étaient opposées au culte aniconique, pour justifier le déclin des cultes traditionnels et appuyer la vérité des nouvelles conceptions conduisant à leur déclin (Il était donc idéologiquement important de souligner non seulement que d’autres puissent adorer des dieux sans images, mais aussi que certains anciens aient fait de même, dans le cadre d’une version épurée du culte primitif).
La deuxième difficulté à laquelle est confrontée la recherche moderne est d’ordre méthodologique. Jusqu’à un certain point, non seulement la réponse, mais aussi la forme de la réponse donnée aux questions énoncées supra ont été déterminées par le positionnement disciplinaire. S’occupant d’abord des objets, les historiens de l’art qui ont abordé de telles questions ont cherché une réponse du côté de la phénoménologie, s’intéressant plus au regard du spectateur qu’à la procédure rituelle. Travaillant avec les sources épigraphiques et textuelles, les historiens, à l’inverse, ne se tournent vers les objets et les contextes archéologiques que pour corroborer leurs interactions avec d’autres systèmes culturels. Même lorsque ces systèmes concernent les réalités matérielles du culte (dans une loi sacrée, par exemple), les preuves matérielles n’ont souvent eu qu’une importance secondaire dans les priorités épistémiques de l’historien.
 
What was the function of figured objects in cult practice ? Did it differ from that of non-figured objects ? Were some representations — those on implements, for example, or those of gods not resident in the temple — of a wholly different status than images that were carried, addressed or fed ? And what did those images represent ?
Such questions have been central to inquiry in several fields of study. Contemporary scholarship nevertheless confronts two difficulties. First, ancient ideological claims in respect to religious art continue to have enormous influence, most perniciously in urging that viewers regularly (mis)took statues for the deities that (it is claimed) they represented. As a related matter, the fallen status of classical practice, and the truth of the presuppositions attendant to its description as fallen, are vindicated by contrasting classical practice with aniconic worship. (It was therefore ideologically important to stress not simply that other people worship without images, but that some earlier, purer version of ourselves did so.)
The second difficulty confronting contemporary scholarship is as follows. Up to a point, not simply the answer given to the questions above, but the form of the answer, has been determined by disciplinary location. Because they work with the artifacts, art historians addressing such questions have tended to think about phenomenology and viewer response rather than ritual procedure. Historians working with epigraphic and textual sources, by contrast, generally turn to sites and objects in order to corroborate their engagements with other cultural systems. Even when those systems concern the material realities of cult (in sacred law, for example), the material evidence has necessarily had only second-order importance in the epistemic priorities of the historian.

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