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Colloque "Les toiles symboliques du territoire"

Organisé dans le cadre du programme Hastec "Mémoires de la Terre" par Renée Koch-Piettre (EPHE)
 
Lundi 23 et mardi 24 novembre 2015 de 9h30 à 18h
Salle Vasari, INHA
 
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Présentation

Une conscience existe d’un rétrécissement des espaces : tous les sens du mot terre aujourd’hui se rejoignent. Celle qu’on cultive et qu’on habite, ou détruit par l’exploitation et la guerre ; qu’on conquiert ou qu’on perd, qu’on achète et qu’on vend ; celle qu’à ce titre on interpelle ou divinise, regrette ou admire, l’associant, selon le cas, au paysage, au monde souterrain, à une montagne qui se détache ; celle qui est riche ou pauvre pour le paysan et pour l’habitant comme pour l’exploitant, selon ses composantes géologiques, hydrographiques et climatologiques ; celle enfin que nos engins spatiaux observent depuis l’espace ou permettent de voir de loin, comme si nous n’y étions plus enracinés, comme si la “niche” humaine devait à présent se construire, au besoin, hors de la Terre et sans elle.
 

Le concept de niche

Le présent colloque s’inscrit dans la lignée du chantier “Mémoires de la terre”, mené depuis quelques années. Il entend par là se situer à la croisée d’une histoire passée d’une part, d’une interrogation d’autre part.
– Une histoire, d’abord, où les niches humaines se construisaient à partir de l’environnement et selon des transformations culturelles (juridiques, économiques, religieuses ou symboliques) qui permettaient d’y vivre tout en construisant les repères et les cheminements qui autorisent la mémoire, l’identité, le désir et le projet ; sur l’espace colonisé par l’activité humaine une altérité restait à préserver, à découvrir ou à conquérir : même dans ses travaux les plus pharaoniques, l’homme traçait seulement ses empreintes sur la terre, la laissait essentiellement intacte.
– Une interrogation d’autre part face au brouillage qui s’opère aujourd’hui à tous les niveaux, qui gomme les parcours, l’habitat et les mémoires, qui bouleverse les reliefs, qui agit verticalement de plus en plus loin par le forage et les programmes spatiaux, qui broie l’homme lui-même comme un matériau indistinct des autres matériaux, abolissant le désir et le besoin au profit de l’ “utile”, comme si l’humain était un donné objectivable parmi d’autres et non une conscience mue par la mémoire et le projet ; normalisation enfin, pour une traçabilité sans limite.
 

La déterritorialisation

On tend aujourd’hui à donner un sens positif au mot “déterritorialisation” : l’individu constituerait un volume ouvert, traversé et saturé de relations toujours reconfigurées ou reconfigurables, libre ou libérable, en soi, de tout enracinement familial, social, territorial. Mais les derniers développements de la mondialisation représentent un bouleversement si radical et si mortifère qu’il nous oblige à une remise en question tout aussi radicale : il faut rendre au symbolique sa position centrale. La question est ici d’extraire des mémoires et des travaux anthropologiques, historiques, philologiques, certains linéaments d’une approche de l’habiter qui, au-delà de ses modalités multiples, en dise aussi quelques-unes des conditions nécessaires

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