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Conférence d’Iris Tzachili (Univ. de Crète)

Séminaire "Anthropologie religieuse"

Dans le cadre su séminaire de Renée Koch-Piettre (EPHE),
Iris Tzachili, professeur honoraire à l’Université de Crète, donnera une conférence intitulée :
 
« Aux origines de l’amphictyonie. Sanctuaires de sommet en Crète minoenne »
 
Vendredi 27 mai 2016 de 17h à 19h
Salle Peiresc, INHA
 
Les sanctuaires des sommets minoens, malgré leur caractère prévisible, n’en sont pas moins un phénomène extraordinaire. Sur quelques sites en hauteur, battus par les vents et les pluies, présentant une grande visibilité sur les plateaux environnants et inversement, est apparue dès les débuts de l’archéologie crétoise, une découverte exceptionnelle, un assemblage des vestiges matériels identiques : des vases et des figurines écrasés, en énormes quantités, en plein air, avec une dispersion spatiale très restreinte.
L’ interprétation largement acceptée depuis la découverte est qu’il s’ agit de lieux de culte en plein air, que les figurines sont des ex-voto, et que le rituel comprenait des sacrifices et de grands repas collectifs. Le but de la recherche a toujours été de clarifier le rituel dont les restes matériels étaient le seul témoignage, et la place de ces lieux de culte dans la société minoenne. On essayait de comprendre la gestuelle, et par là d’arriver à quelques bribes de compréhension des cérémonies.
Pour comprendre pourquoi certains sommets sont devenus des lieux de culte et de rencontre, quasi institutionnalisés, il faut avant tout comprendre la région qui les entoure et les situer selon une micro- géographie de la perception humaine. Au moment de leur plus grande importance pour la civilisation minoenne, ils sont le centre d’ une région densément habitée, au centre de réseaux d’échanges, de sentiers et de routes, près des sources et des ruisseaux. Dans la région ils fonctionnent comme points de référence identitaire visibles de tous côtés, où convergent les chôrai des différentes communautés, un non-lieu où les populations de différentes villes et villages se rencontrent régulièrement.
Au-delà de leur fonction de lieux de culte, ces points de rencontre doivent être compris comme un centre politique au sens large, où des communautés voisines se réunissent pour prendre part aux rites, mais aussi pour la joie des retrouvailles, retrouvailles entre clans, entre familles, entre personnes, pour souligner les alliances ou pour valider des accords, pour prendre aussi des décisions collectives sur la distribution des eaux, des pâturages, sur la traversée des troupeaux ou sur l’organisation des cultures, pour régler les différends enfin.
À des époques plus récentes, en Grèce continentale surtout, on connaît bien quelques formes d’organisation politique offrant des traits analogues : ce sont les amphictyonies, et plus tard les koina. Ce sont des confédérations de villes et d’ethnai dont les représentants se rencontrent en un lieu de culte qui est en même temps centre communautaire et politique (par ex. Thermos ou Delphes, ou Kato Symi en Crète), toujours situé pres des sources et des sentiers des troupeaux. La mise en valeur des affinités socio-cultuelles et politiques des amphictyonies avec les sanctuaires de sommet crétois permet de relever des similitudes et des différences utiles, même si pour l’instant une séquence chronologique est difficile à établir. Il existe quand même des indices....
 
Iris Tzachili est archéologue, professeur à l’ Université de Crète. Elle mène des fouilles à Vrissinas, un sanctuaire de sommet minoen, et à Therasia, la petite île en face de Santorin.
Principaux champs d’intérêt :
・Histoire d’ archéologie (Les origines de la préhistoire égéenne, Thera et Therasia au 19e siècle, en grec)
・Le tissage et les vêtements en tant que techniques et comme un des principaux paramètres de l’image publique des hommes et des femmes (Tissage et tisserands en Grèce préhistorique, en grec)
・Les sanctuaires de sommet minoens, comme la forme la mieux connue de la vie publique en Crèteminoenne.
・L’art minoen et surtout ses formes de perspective (Représentations de paysage en Crète minoenne, en grec).
 
Son dernier livre (Bayindir, 1922, Histoire d’une perte, en grec) est un essai sur les histoires entendues de sa grand-mère (et vécues) sur la ville natale et fatale de Bayindir en Asie Mineure d’où sa famille est partie sous le feu et le sang, en 1922.

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