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Conférence de Maxime Pierre (Univ. Paris -Diderot)

Séminaire "Antiquité, territoire des écarts"

Dans le cadre du séminaire collectif "Antiquité, territoire des écarts",
Maxime Pierre (Université Paris-Diderot, CERILAC) interviendra sur :
 
"L’ODE ou le tombeau des chants perdus"
 
Discutant : Frédéric NAU (CPGE, Lycée Fénelon, Paris)
 
Mercredi 6 avril 2016 de 19h à 21h
Salle 8, 105 Bd Raspail (en face du 96)
 
L’« ode » fait partie de ces faux mots grecs utilisés en français avec une signification qu’ils n’avaient pas à l’origine, comme par exemple le « théâtre » ou la « démocratie ». À cette exception près que l’« ode » désigne une pratique morte, ou plus précisément la nostalgie de chants archaïques grecs. Les chants meurent-ils donc ? Que trouve-on dans le tombeau d’un chant ? C’est paradoxalement au contact d’une pratique bien vivante, l’hymne chrétien, qu’apparaît la notion d’« ode » dans l’Antiquité tardive et au Moyen Âge. L’« ode » des Anciens est alors pensée comme la forme païenne de l’hymne liturgique. Elle en constitue la face morte, ou plus précisément, sa face littéraire : déconnectée de la pragmatique liturgique chrétienne - un chant de louanges de Dieu - elle constitue sa forme savante. « Ode » et « hymne » sont les deux faces de la lyrique christianisée : l’une « froide », publiée dans des livres, l’autre « chaude », intégrée au culte. La Renaissance de l’« ode » au XVIe siècle renoue avec la nostalgie d’un chant perdu, mais le réoriente sous forme profane : à l’efficacité liturgique, les poètes préfèrent un geste de monumentalisation littéraire. Ce revival sera sa mise à mort. Cette mort nous concerne-t-elle ? À l’ère de la chanson standardisée envisagée comme marchandise, n’assistons-nous pas à un regain d’intérêt pour les chants perdus ? Morte l’« ode » ? Il se pourrait qu’elle bouge encore.

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