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Du récit au rituel par la forme esthétique

Pragmatique cultuelle des formes discursives et des images en Grèce ancienne
Du récit au rituel par la forme esthétique
Claude Calame, Pierre Ellinger (dir.)
Les Belles Lettres, Paris, 2016

Les mythes en général et les mythes grecs en particulier n’ont d’existence que dans les différentes formes poétiques et iconographiques qui les adressent à un public particulier ; elles actualisent ces récits pour des circonstances sociales, rituelles et culturelles singulières. Conçues dès l’Antiquité comme les produits de techniques artisanales, ces formes confèrent aux récits que nous plaçons sous l’étiquette du « mythe » une dimension pragmatique. Avec son efficacité d’ordre à la fois esthétique et politique, cette poétique inscrit ces récits en des mémoires culturelles dynamiques, variant d’une cité à l’autre.
En régime polythéiste, ces récits poétiques, relatifs au passé héroïque de la communauté, sont souvent associés à des fondations de culte et à des rituels auxquels ils servent d’aition ; ils légitiment ainsi une histoire et des institutions politiques. Par les techniques intellectuelles de poètes considérés comme des sophoi, par le biais de différentes formes de performance poétique (figurées et discursives), par la pragmatique de formes esthétiques qui les constituent en univers de croyance et en mémoire collective, par les pratiques rituelles dont leur énonciation fait partie, les mythes grecs définissent des identités politiques et religieuses amenées à changer suivant la conjoncture historique.
En France en particulier, l’approche des mythes grecs a été fortement marquée par le structuralisme. Sous l’influence de la linguistique, on a été d’une part sensible à la syntaxe de récits qui sont relatifs au passé héroïque de la communauté ; on en a ainsi offert une série d’analyses narratologiques. D’autre part, dans la dimension sémantique, on a souvent réduit leurs univers de représentations culturelle à des oppositions binaires (le crû/le cuit, le même/l’autre, le masculin/le féminin). Il s’agit désormais de replacer ces formes narratives dans un contexte d’énonciation qui correspond à des performances ritualisées. Seule la prise en compte de la forte dimension pragmatique qui découle de leur forme poétique est en mesure d’en faire apparaître les effets de sens dans un contexte rituel et culturel requérant une approche d’ordre anthropologique.
 
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