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CHAMBON Grégory, EHESS

Savoir et culture matérielle au Proche-Orient Ancien (IIIe-Ier millénaire av. J.-C.)

Séminaire de M1-M2-Doctorat bi-mensuel
 
"Savoirs et savoir-faire au Proche-Orient ancien"
 
Le vendredi de 9h à 11h
Salle 6, EHESS, 105 boulevard Raspail, 75006 Paris
 
À partir du 16 novembre 2018
 
Les habitants du Proche-Orient ancien considéraient que tout savoir provenait des dieux. Cette façon de voir incluait non seulement le domaine du sacré et ses rituels, celui des techniques, de l’artisanat, mais aussi de l’extispicine ou encore l’art du scribe. Tout progrès dans le domaine des connaissances relevait, selon ce point de vue, d’une fidélité à un savoir ancestral d’origine divine qui se devait d’être scrupuleusement conservé et protégé par la tradition. Le savoir, fondé sur les principes d’observation, de mémorisation et d’abstraction, consistait en une mobilisation de compétences révélées par les dieux à des initiés manifestant leur piété et capables d’entendre les paroles émanant du divin.

Les historiens s’intéressant aux « sciences » et représentations du monde dans les sociétés proche-orientales antiques ont alors longtemps eu pour pratique privilégiée d’identifier ce que ces initiés savaient par le passé, avec une perception d’Occidentaux en fonction du modèle grec plus tardif. Depuis une dizaine d’années, on assiste à un renouvellement des objets de recherche comme des méthodes. D’une part, il s’agit désormais de questionner les modalités mêmes des raisonnements anciens et les dispositifs matériels dans lesquels ceux-ci s’inscrivaient, qui ne sont pas uniquement décelables dans les traités des anciens lettrés. D’autre part, à l’interprétation des « protosciences » à caractère essentiellement utilitaire en Mésopotamie, est maintenant préférée l’étude interdisciplinaire des contextes socio-culturels de l’élaboration, la diffusion et la mise en pratique des savoirs et, de manière générale, ce qui a pu être qualifié de « rationalités pratiques », à partir des sources épigraphiques, iconographiques et archéologiques. Cette démarche consiste, en particulier, à prendre conscience que les Anciens eux-mêmes s’interrogeaient sur les procédés et sur les traces matérielles de leur savoir.

Ce séminaire est consacré à l’étude de ces savoirs et savoir-faire au Proche-Orient ancien. Il s’agit de mobiliser plusieurs disciplines (histoire, histoire des sciences et techniques, anthropologie, épistémologie, archéologie) afin d’étudier la façon dont les savoirs se construisaient à partir de plusieurs traditions et savoir-faire, incarnés par différents acteurs et leurs dynamiques sociales et ne consistaient pas uniquement en des écoles de pensée avec leurs productions savantes.

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