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Conférences de Renaud Gagné (U. Cambridge)

Directeur d’études invité à l’EPHE

Dans le cadre des séminaires de Gabriella Pironti et François de Polignac (EPHE),
Renaud Gagné, professeur de littérature et religion de la Grèce ancienne à l’université de Cambridge et directeur invité à la section des sciences religieuses de l’EPHE, présentera une série de quatre conférences sur le thème :
 
«Hyperborée. Fragments de cosmographie grecque»
 
1. Les limites de l’imaginaire boréal
Mardi 26 mars 2019 de 11h à 13h
Salle Fabri de Peiresc, INHA
 
2. Hyperborée entre cultes et chants : théologies de l’espace à Delphes, Didymes et Délos
Jeudi 4 avril 2019 de 16h à 18h
Salle Mariette, INHA
 
3. Hyperborée : genre et cosmographie
Mardi 9 avril 2019 de 11h à 13h
Salle Fabri de Peiresc, INHA
 
4. Hyperborée et les connaissances de l’eschatia
Jeudi 18 avril 2019 de 16h à 18h
Salle Mariette, INHA
 
— -> Renaud Gagné est professeur (Reader) de littérature et religion de la Grèce ancienne à l’Université de Cambridge, où il enseigne depuis 2009. Il est présentement Pro Futura Fellow à SCAS (Uppsala) et CRASSH (Cambridge). Ancien élève du Centre d’études classiques de l’Université de Montréal, il est docteur en philologie classique de l’Université Harvard (2007). Spécialiste de littérature grecque archaïque et classique, il s’intéresse aux multiples modalités de représentations de l’action divine dans la culture grecque. Il travaille à retracer les trajectoires de ces représentations à travers siècles et genres, et poursuit de façon complémentaire l’histoire de la recherche. Il a notablement publié Ancestral Fault in Ancient Greece, Choral Mediations in Greek Tragedy (avec Marianne Hopman) et Regimes of Comparatism: Frameworks of Comparison in History, Religion and Anthropology (avec Simon Goldhill et Geoffrey Lloyd). Il a récemment obtenu le Philip Leverhulme Prize.
 

— -> Résumé des conférences :

Les Hyperboréens, peuple béni, étaient dits habiter une terre sise à la dernière extrémité du monde, un espace coupé de tout échange avec les autres hommes, sans guerre et sans maladie. Apollon y séjourne une saison chaque année. Alcée nous dit que cette terre au-delà du vent, riche et clémente, était la toute première à avoir reçu la justice et le droit du dieu. La « route merveilleuse » (Pindare) et impossible qui reliait les Hyperboréens à l’oikoumène n’a jamais cessé d’exercer l’imaginaire grec. À travers textes et chants, images, topographies et rituels, la marge absolue d’Hyperborée s’est inscrite très concrètement au cœur des sanctuaires qui définissent les centres du monde grec, tels Delphes, Délos ou Olympie. Pendant plus de mille ans, elle a joué un rôle de premier plan dans les débats qui ont façonné le développement du savoir géographique à Milet, Athènes et Alexandrie, avant d’éclore à Rome. Et elle devint vite un espace littéraire d’allusions et de réécritures de la marge et du lointain à l’intérieur des textes en dialogue de l’Hellénisme des bibliothèques. Hyperborée est au carrefour des domaines de nombreux champs d’écriture, d’action et de savoir concernant la nature du monde. À travers les trajectoires multiples qui ont donné sa forme à l’idée d’Hyperborée dans la culture grecque, c’est tout un pan de la cosmographie antique qui se donne à voir.
Plusieurs travaux ont cherché à identifier une réalité historique derrière le mirage hyperboréen. D’autres ont assimilé Hyperborée à une vision généralisante de la limite ou de la frontière. Ce qui est proposé ici, en contraste avec ces approches, est une étude des représentations de l’idée d’Hyperborée et des rôles spécifiques que ces représentations ont joué à l’intérieur de la culture grecque. L’histoire de ce pays qui n’existe pas nous donne un point de vue fascinant sur l’imagination de ceux qui l’ont pensé.
Le premier séminaire, « Les limites de l’imaginaire boréal », se penchera sur la constitution du mirage hyperboréen dans la poésie archaïque et la recherche moderne. Le séminaire suivant, « Hyperborée entre cultes et chants : théologies de l’espace à Delphes, Didymes et Délos », s’attachera à retracer les interactions entre Hyperborée et ces sanctuaires, tout particulièrement dans la littérature hymnique. Le troisième séminaire, « Hyperborée: genre et cosmographie », s’intéressera aux permutations du voyage boréal dans la poésie des VIe et Ve siècles. Le dernier séminaire, « Hyperborée et les connaissances de l’eschatia », étudiera quelques enjeux du savoir géographique qui a cherché à tracer les contours d’Hyperborée à l’époque classique. Les thèmes abordés dans ces séminaires sont destinés à confluer dans une monographie actuellement en préparation: Hyperborea: Fragments of Greek Cosmography.

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