Accueil  >  Publications  >  Publications récentes  >  Anthropologie de l’Antiquité. Anciens objets, nouvelles approches

Anthropologie de l’Antiquité. Anciens objets, nouvelles approches

Anthropologie de l'Antiquité. Anciens objets, nouvelles approches
E. Scheid-Tissinier et P. Payen (éd.)
Brepols, 2013

Les diverses contributions réunies dans ce livre sont nées d’une collaboration et d’une proximité intellectuelle entre deux institutions de recherche : l’équipe PLH–ERASME qui travaille, Toulouse, dans les domaines de la réception de l’Antiquité et de l’anthropologie historique, depuis sa création en 1998, et le centre ANHIMA (Anthropologie et Histoire des mondes antiques), qui réunit, à Paris, des chercheurs engagés dans tous les domaines et toutes les périodes de l’Antiquité.
Ce rapprochement s’est traduit par l’organisation de deux journées d’étude internationales, qui se sont tenues à Toulouse, en mars 2010, et par la création d’une nouvelle collection : « Antiquité et sciences humaines. La traversée des frontières », accueillie par les éditions Brepols. Ces initiatives témoignent de la vitalité et du renouvellement dont ont bénéficié et continuent de bénéficier les perspectives anthropologiques.
 
Une vitalité qui se manifeste par la multiplicité des points de vue et des domaines abordés dont je ne mentionnerai que quelques exemples : – l’aptitude à redéfinir les concepts les mieux connus, comme le fait Vincent Azoulay à propos du don, – l’application d’un autre concept tout aussi connu, la pratique des rites de passage, à un domaine nouveau, celui de l’archéologie gallo–romaine. Ce qui permet à Ton Derks, d’insérer dans leur contexte historique des conduites sociales jusqu’alors mal interprétées, – la prise en compte des déplacement de catégories entre hommes et femmes, masculin et féminin, qu’apportent les études de genre mises en perspective par Violaine Sébillotte, – l’exploration d’un certain nombre de domaines nouveaux, parmi lesquels, celui des émotions, ou celui de la perception des couleurs dont Adeline Grand–Clément s’est attachée à éclairer la logique.
 
L’ensemble des incursions ainsi menées dans l’Antiquité (grecque, romaine, phénicienne, gallo-romaine), fait émerger une richesse qui n’est jamais figée et qui fait écho aux propos de Jean-Pierre Vernant dans la Préface rédigée en 1968, pour l’édition des études de Louis Gernet réunies sous le titre « Anthropologie de la Grèce antique ». Pour définir les approches qui avaient été celles de ce savant, Vernant écrivait : « On ne saurait comprendre leur dynamisme que si on s’interroge, non certes sur l’Homme, mais sur les mentalités particulières des hommes, des groupes humains qui les ont mis en œuvre, si on cherche à pénétrer ce que furent leurs modes de penser, leurs cadres et outils intellectuels, leurs formes de sensibilité et d’action, leurs catégories psychologiques au sens que Mauss donnait à ce terme. »
 

Cette prise en compte des différences qui nous séparent des hommes de l’Antiquité, l’attention sans faille portée aux spécificités qui marquent l’ensemble de leurs représentations et de leurs comportements dans tous les domaines de la vie sociale, politique, religieuse, culturelle, la conscience aussi des mutations qui se sont opérées sur la longue durée qui est la nôtre, c’est somme toute ce que chacun des auteurs de ce volume, dans le domaine de recherche qui lui est propre, a tenté de mettre en œuvre.

Mentions légales  | Contact | ©ANHIMA 2010 | Se connecter  |
Logo CNRS Logo EHESS Logo EPHE Logo PSL Logo Paris I Logo Paris VII