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Des démocraties hellénistiques : vraiment ?

Formes et modèles du pouvoir populaire dans les 'poleis' grecques (IVe-Ier siècle av. J-C.)

Thursday 25 April 2024 - 15h
to 18h
Salle des Conseils, bât. B, U. Paris-Nanterre
Friday 26 April 2024 - 09h
to 17h
Salle Vasari, INHA
Saturday 27 April 2024 - 09h
to 16h
Salle Vasari, INHA
colloque-democratie

Organisation :

Vincent Azoulay (EHESS, ANHIMA UMR 8210)
Antonio Iacoviello (EHESS, ANHIMA UMR 8210)
Christel Müller (U. Paris Nanterre, ArScAn UMR 7041, IUF)

Contact : antonio.iacoviello@ehess.fr


En dépit de plusieurs tentatives pour identifier ses caractéristiques et ses particularités, la démocratie grecque à l’époque hellénistique (IVe- Ier siècle av. J.-C.) reste un sujet difficile à saisir. Outre les débats de longue date sur les limites géographiques et chronologiques du phénomène, ainsi que les débats sur la définition même de la démocratie dans le monde antique, les études sur la démocratie hellénistique ont eu recours à des méthodologies différentes, parfois difficilement conciliables : utilisation de la théorie politique moderne, principalement sur la base des travaux fondateurs de Robinson et Dahl (Carlsson 2010) ; approche plus formalisée s’attachant au fonctionnement et à la sociologie des institutions, ainsi qu’aux discours qui les soutiennent – modes de désignation des magistratures et des prises de décision, réflexions autour de l’eleutheria et de l’autonomia dans leurs liens avec la dēmokratia (Grieb 2008) ; focalisation sur l’evergétisme et l’émergence éventuelle d’un « régime des notables » dissimulé sous un vernis démocratique (Hamon 2009).
Toutes ces approches reposent avant tout sur l’analyse de la documentation épigraphique, dont le contenu oriente la plupart des recherches actuelles sur la polis post-classique (alors que l’étude de la démocratie athénienne des Ve et IVe siècles se fonde plutôt sur les sources issues de la tradition manuscrite). Ce prisme documentaire a souvent conduit les épigraphistes à formuler des critères institutionnels, tirés de l’analyse des lois et décrets hellénistiques à Athènes et au-delà, et censés fournir un test décisif pour évaluer le caractère démocratique d’une communauté donnée. Dans une perspective plus large, il convient également de prendre en compte les difficultés posées par la consolidation d’entités politiques supra-civiques – en particulier, les confédérations – et, également, par l’interaction entre les institutions civiques au sein de la polis, d’une part, et l’intervention des rois/pouvoirs étrangers, d’autre part. Et, de manière plus critique, il faut aussi s’efforcer de prendre la mesure de la diffusion du modèle institutionnel athénien (cf. Ma 2018 sur la Grande Convergence) à la fois sur le plan politique et culturel.
Le colloque vise à dresser un tableau plus complet de la démocratie hellénistique dans les cités grecques, en favorisant le dialogue entre l’étude du matériel résolument institutionnel dérivant des inscriptions grecques, et des méthodologies plus larges qui engagent une approche socio-culturelle diachronique et, également, des approches de la démocratie qui prennent au sérieux son étymologie – le pouvoir du peuple et la manière dont il s’exerce concrètement – pour évaluer les régimes politiques de l’époque hellénistique. En conséquence, le colloque explorera en profondeur l’hypothèse, désormais assez partagée, d’une étroite continuité entre les modèles classiques et hellénistiques de la démocratie, à Athènes et au-delà. Dans quelle mesure pouvons-nous discerner des traits distinctifs ou, au contraire, des continuités entre la démocratie hellénistique et son homologue de l’époque classique ? Et surtout, sur quel type de critères une telle analyse contrastive devrait-elle s’appuyer ?

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