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Des réformes augustéennes - Yann Rivière (dir.)

Vous avez dit « réformes » ? En ce commencement du vingt unième siècle, voici un mot qu'aucun lecteur ne saurait entendre sans songer immédiatement aux programmes politiques, aux prévisions économiques, ou aux annonces médiatiques de son époque. Ouvrez donc vos journaux : recommandations internationales, proclamations gouvernementales, exigences entrepreneuriales ! Toutes obéissent au même slogan.
L'historien, mettant à l'écart cette impérieuse actualité, reconnaîtra aisément que le mot « réformes » est depuis longtemps d'un emploi commun, voire convenu, dans le métier. Lequel de nos arrangeurs du passé, sans plus y songer, n'y a-t-il jamais recouru ? Or, cet automatisme, si commode pour sérier des faits, regrouper ses sources, intituler un chapitre, ne serait-il pas porteur de méprise, de déformation, bref de « rationalisation » moderne ? Quant à la projection dans l'avenir que connote aujourd'hui ce mot, ne fausse-t-elle pas la perspective, lorsqu'on l'applique à la pensée des Anciens ? Que l'on songe simplement à l'étymologie latine du verbe, au sens précisément que lui donnaient les Romains : reformare ou le retour à une configuration initiale.
D'un côté le créateur du Principat, le premier empereur, Octavien-Auguste est généralement désigné comme un grand « réformateur » ? De l'autre, les Modernes soulignent également l'idéal de restauration (restitutio) qui fut sa bannière. C'est par ce règne, immanquablement, que pouvait s'ouvrir une série de travaux intitulés « réformer la cité et l'Empire » . Des réformes augustéennes ? Entendons qu'il sera ici question, à titre expérimental et sans visée exhaustive naturellement, de plusieurs domaines ayant fait l'objet de transformations (définition du pouvoir, institutions, administration, armée, urbanisme, expression littéraire), afin d'apprécier la part programmatique ou l'inspiration empirique du processus qui a présidé à ces changements du monde romain, au cours de ce long demi-siècle au tournant de notre ère.

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