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Séminaire des doctorant.e.s : interventions de G. Herbeth et M. Naar

Thème 1 : Connaître, méconnaître, reconnaître l’autre
 
Mercredi 17 novembre 2021, de 18h à 20h
Salle de séminaire de la bibliothèque Gernet-Glotz
 
1ère intervenante :
Gaëlle Herbeth (doctorante, U. Paris 1) : « “J’en ai tressé une couronne à la mesure de mon talent, pour qui cherche à s’instruire” : connaissance, critique et admiration des peuples barbares dans les sources tardives »
Résumé : Au terme de sa Getica, Jordanès, auteur du VIe siècle de notre ère, met en évidence sa démarche, visant à une connaissance approfondie des peuples goths dont il est lui-même issu. Cette œuvre majeure s’ajoute ainsi aux nombreuses sources tardives qui traitent des peuples barbares, par le prisme de la triple dimension proposée dans le cadre de l’atelier : connaissance, critique et admiration. Cette proposition de communication traitera, dans un premier temps, des entreprises littéraires de connaissance des peuples barbares et de leur ethnogenèse. Il nous faudra ensuite envisager la dimension de la critique : le barbarus, terme emprunté au βάρϐαρος des Grecs, désigne « l’individu qui n’appartenait pas à la civilisation gréco-romaine, mais c’était aussi un terme chargé de connotations morales négatives, qui soulignait l’altérité de l’étranger » (L. Méry). Ainsi, le barbare est un étranger, d’abord hors de l’imperium au sens territorial comme au sens politique, puis un autre, intégré, mais demeurant différent à l’intérieur du territoire romain. On constatera également que les sources perçoivent une hiérarchisation dans la barbarité. Cela permettra de nous intéresser enfin au sujet de la reconnaissance des Barbares, en tant qu’individus notamment : la reconnaissance se fait d’abord par l’Empire, puisque certains d’entre eux s’élèvent dans les charges impériales et reçoivent les plus hautes dignités. De même, quelques personnages apparaissent comme les véritables maîtres d’œuvre de la politique impériale, dans le contexte de crise multiforme que constituent la fin du Ve siècle, ainsi que les temps d’émergence et de consolidation progressive des royaumes barbares. Plus ponctuellement au sein des sources, l’utilisation d’un vocabulaire particulièrement élogieux pour désigner des Barbares sera à relever. Enfin, on reviendra sur les liens familiaux et matrimoniaux de certains rois barbares avec la famille impériale, cas dans lesquels la barbarité s’efface derrière un statut social prestigieux.
 
2e intervenante :
Mathilde Naar (doctorante, EPHE) : « La figure d’Esculape à Rome »
Résumé : En 291 av. n. è., le culte d’Esculape est adopté à Rome avec une procédure inhabituelle : pour la première fois dans l’Histoire de Rome, une délégation publique est envoyée à l’étranger afin de faire venir le dieu depuis son sanctuaire principal. Tandis que Rome devient une puissance à l’échelle de la péninsule italique, puis de la Méditerranée, elle se confronte à d’autres cultures et affirme sa puissance. La figure de ce dieu fortement caractérisé comme grec participe alors à la définition de l’identité romaine : il est Autre et permet donc, en creux, de dire ce qui est soi.
 
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